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  • juliettesastre3

[anxiété, réactivité, hyper-vigilance : comment aider notre chien au quotidien ?]




Plus je suis amenée à rencontrer des chiens réactifs, anxieux, stressés ou phobiques, plus je suis convaincue qu'outre le suivi comportemental à proprement parler, de nombreuses ficelles peuvent être tirées par leurs humains d'attachement, dans leur quotidien, pour les aider à apaiser leur inconfort :


 Réduire drastiquement les facteurs de stress. Plus un chien sera soumis à des évènements stressants dans son quotidien, plus son taux de cortisol (l'hormone du stress) sera haut dans l'organisme, et plus il peinera à descendre. Si ces événements se produisent de manière répétée, le cortisol devient alors extrêmement persistant, toxique pour le corps et le cerveau, brouille les capacités d'apprentissage, et devient prépondérant dans le développement et la stagnation des troubles du comportement. Confronter quotidiennement un chien à ses peurs n'aide pas à ce qu'il les dépasse. Lorsqu'un chien a peur, ressent du stress ou de l'anxiété, c'est bien la réduction du stress quotidien, couplé à une désensibilisation progressive (à ne pas confondre avec l'immersion, qui revient à jeter dans le grand bassin un enfant phobique de l'eau), qui permettent de travailler efficacement ces peurs.


Ces chiens qui aboient derrière leur portail mettent votre chien dans tous ses états malgré les leurres, la prise de distance, les consignes? Changer d'itinéraire ou prendre la voiture devient alors indispensable pour lui permettre d'arriver sur son lieu de balade plus sereinement, et ainsi éviter l'aggravation des comportements d'agression en cas de croisement. Le passage devant vos fenêtres déclenche des aboiements intenses et empêche votre chien de trouver du véritable repos? Occulter la vue à l'aide d'un film adhésif permettra d'abaisser le seuil sensoriel de votre chien et de l'aider à trouver davantage d'apaisement. Les bruits extérieurs génèrent de l'anxiété et de l'hypervigilance ? Un fond musical et une bonne isolation acoustique (boudins de porte, amélioration de l'isolation du logement...) pourront aider à diminuer les stimulations auditives pour palier au stress qu'elles provoquent.


Il ne s'agit pas de mettre le chien dans une bulle hermétique au monde : lorsqu'un chien présente des peurs, travailler dessus avec un professionnel compétent qui maîtrise les mécanismes de la désensibilisation est primordial. Néanmoins, alors que nous cherchons parfois des moyens alambiqués pour stopper un comportement à grands coups de demandes, consignes et leurres, une bonne gestion d'environnement est parfois l'élément central de l'apaisement de nos chiens


 Favoriser la production d'hormones responsables de la détente, de l'attachement et du sentiment de sécurité : j'ai nommé l'endorphine, l'ocytocine, la dopamine et la sérotonine. La science nous apprend que les hormones ont un rôle prépondérant à jouer dans l'état émotionnel de tout être vivant. Mécaniquement, permettre à ces hormones d'apparaître dans l'organisme de nos chiens est un remède redoutablement efficace contre le fameux cortisol, si récalcitrant à s'effacer une fois installé. Ainsi :


- la mastication est une alliée de taille dans la production d'endorphines. Partie intégrante du répertoire comportemental alimentaire des canidés, la mastication est bien souvent insuffisante, voire absente du quotidien de nos chiens domestiques (merci l'alimentation industrielle). Remettre la mâchoire de nos chiens en action, c'est répondre à un besoin intrinsèque à l'espèce canine, mais c'est aussi libérer dans leur organisme des hormones aux effets apaisants, antalgiques, qui vont naturellement contrer le cortisol et permettre au chien de retrouver son homéostasie beaucoup plus rapidement


- la quête alimentaire (chercher sa nourriture avec son flair!) est un véritable distributeur de dopamine, qui joue sur le circuit de la récompense. Permettre à son chien de fouiller, chercher et trouver sa ration ou des friandises permet de stimuler les circuits neuronaux liés à la motivation et à l'envie, et de développer des compétences innées. Autant de bénéfices qui permettent à nos chiens anxieux et réactifs de gagner en confiance en eux, en leur environnement, à faire baisser l'hypervigilance par le développement de la concentration...


- le contact physique, la proximité avec la ou les figures d'attachement, produisent en masse de l'ocytocine, l'hormone de l'amour et de l'attachement, qui est un anti-stress extrêmement puissant. En d'autres termes, tant que votre chien donne son consentement, lui offrir de la proximité et du contact physique est une aide extrêmement précieuse dans la lutte contre l'anxiété ponctuelle ou généralisée. Lui donner accès aux espaces de vie, aux canapés, le laisser se reposer contre nous, lui donner de l'affection et des câlins lorsqu'il en manifeste le besoin ne fera pas de votre chien un dépendant affectif, et encore moins un enfant-roi qui prendrait le pouvoir à la maison (mais ceci est un autre sujet dont nous pourrions discuter des heures durant). Ce contact est en réalité une bombe d'hormones apaisantes et sécurisantes. Aucun être vivant ne s'épanouit dans la dureté et l'indifférence. Penser qu'un chien s'autonomisera et sera plus apte à faire face à ses peurs en le laissant seul face à elles est une erreur. Pour pouvoir explorer le monde sereinement, le chien a besoin d'une base affective solide, sécuritaire et immuable


- la qualité du sommeil est un facteur absolument crucial dans l'évolution des comportements réactifs et de l'anxiété. Offrir un environnement suffisamment sécurisant, confortable et adapté aux besoins éthologiques de l'espèce permet au chien de récupérer convenablement et favorise grandement la production de sérotonine, qui joue un rôle prépondérant notamment dans la stabilité émotionnelle, l'humeur, la tendance à l'hypervigilance... Un chien qui dort mal est un chien irritable, à fleur de peau, flanchant sur ses appuis. Observez votre chien : quelles sont les conditions qui font qu'il parvient à atteindre le sommeil profond et récupérateur ? Une fois identifiées, quelques réajustements dans les habitudes de vie du foyer pourront faire une grande différence dans l'évolution des troubles anxieux...


 S'entourer au maximum de personnes ouvertes d'esprit, empathiques et réceptives. Pour mettre en place toutes les conditions nécessaires à l'apaisement de nos chiens anxieux et réactifs, il est indispensable que l'entourage direct de l'humain d'attachement coopère et se montre respectueux des rituels, consignes, habitudes de vie mises en place pour le bien-être du chien. Les personnes qui crient, violentent, contraignent, se montrent instables et changeantes dans leurs humeurs, bafouent les consignes, forcent le contact... Sont à éviter impérativement pour la sécurité émotionnelle du chien (et la vôtre). Ce constat est si facile à écrire, et parfois si difficile à mettre en place. Néanmoins, dans le cheminement personnel de tout un chacun, voir certaines vérités en face est parfois le premier pas vers des changements bénéfiques à tous les niveaux. La façon dont nous traitons nos animaux est bien souvent un reflet extrêmement juste de notre personnalité profonde. Faire le choix de s'entourer de personnes qui respecteront tous les êtres vivants de notre foyer sans aucune exception, c'est offrir un profond respect à notre animal, à nous-mêmes, et à tous nos êtres aimés


Juliette Sastre

Yes We Dog - Éducation & Comportement canin

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